Jacqueline de Quattro > Articles de presse  > Initiative Internet : halte à la loi de la jungle

Initiative Internet : halte à la loi de la jungle

Article paru dans 24 Heures le 31.03.2026

La culture du « clic » devient une menace pour notre société. A coup d’algorithmes opaques, les plateformes exposent les mineurs à des images d’une violence extrême, à des discours haineux, à des contenus montrant des abus en tout genre et à des fake news. Elles contribuent à la radicalisation. Elles sont aussi le terrain de chasse des cybercriminels, qui visent sans scrupules nos seniors. Une véritable jungle. Si nous voulons éviter qu’Internet échappe à tout contrôle, un encadrement devient indispensable.

C’est ce que demande l’Initiative Internet : encadrer les géants du numérique, afin qu’ils ne puissent plus passer sous les radars. Dans son collimateur : le modèle économique de ces entreprises technologiques, qui, par leurs algorythmes, favorisent la diffusion d’informations toxiques, sans en assumer les conséquences. L’initiative demande l’instauration d’un devoir de diligence pour les plateformes, moteurs de recherche et fournisseurs d’intelligence artificielle, assorti de sanctions en cas de violation. Il faut changer de paradigme.

D’autant plus que les risques sont particulièrement élevés pour les jeunes. La radicalisation en ligne, notamment djihadiste, liée à l’extrémisme violent ou encore à la nouvelle mouvance connue pour sa misogynie féroce envers les femmes, cible les personnes les plus vulnérables. Il suffit de quelques clics pour que les jeunes se retrouvent enfermés dans une spirale idéologique, alimentée par des contenus qui renforcent leurs convictions.

La radicalisation est une préoccupation majeure de la police fédérale et du service de renseignement de la Confédération. Un danger qui est encore accru par le contexte géopolitique actuel. Il n’est pas tolérable que ces plateformes, souvent basées à l’étranger, échappent à tout cadre légal et encaissent des millions avec ces abus, sans obligation de transparence ni sanctions.

Si notre pays n’agit pas maintenant, il va prendre du retard. L’Union européenne a déjà fait le pas. Elle a mis en place des mesures pour renforcer la régulation des plateformes numériques avec le Digital Services Act (DSA) et le Digital Markets Act (DMA). Certes, le Conseil fédéral propose un projet de loi. Mais il est trop timide par rapport aux enjeux.

Il est grand temps que les réseaux sociaux, les moteurs de recherche et l’IA assument leurs responsabilités. Qu’ils luttent résolument contre la diffusion de matériel pédocriminel et de contenus relevant de toute forme de violence, sexuelle ou autre. Que la radicalisation, la désinformation et la cybercriminalité soient enfin endiguées.

Notre réponse doit être forte si nous voulons empêcher que ces plateformes ne fracturent notre société et affaiblissent notre démocratie. Fixons des limites claires et faisons d’Internet un espace sûr et ouvert à tous, où la qualité et la responsabilité priment.

Jacqueline de Quattro

Conseillère nationale PLR