Enfin une campagne de prévention des violences
Article paru dans 24 Heures le 11.11.2025En 2017 déjà, Le canton de Vaud s’est doté d’une loi contre la violence domestique, faisant œuvre de pionnier en Suisse. Cette loi, fondée sur le principe « qui frappe part ! » a fait ses preuves et fait constamment l’objet d’améliorations.
A Berne, c’est plus lent. Mais sous l’impulsion de femmes de tous les partis, les choses bougent.
Le Bureau fédéral de l’égalité annonce le lancement d’une campagne nationale de prévention des violences domestiques, sexuelles et fondées sur le genre. En 2022à j’avais demandé au Conseil fédéral, avec des collègues de droite et de gauche, de sensibiliser la population à ces problématiques. Le Parlement nous avait soutenues. Trois ans plus tard, nos revendications se concrétisent. Il était temps.
Cette décision de Berne est un signal positif. Elle montre que le Conseil fédéral prend au sérieux la montée de la violence. 25 femmes et jeunes filles ont été tuées chez nous depuis le début de l’année !
Le canton de Vaud n’échappe pas à cette sombre réalité : il a connu en 2024 une hausse inquiétante des violences domestiques. Le nombre d’interventions policières a augmenté de 9%,.
Selon une étude, 22 % des 4 495 femmes interrogées ont déclaré avoir déjà subi des actes sexuels non désirés et 12 % avoir été violées, soit respectivement quelque 800 000 et 430 000 femmes si l’on extrapole à l’ensemble de la Suisse. C’est intolérable.
Ces campagnes de prévention répondent à un besoin. Elles sont essentielles pour prévenir et combattre la violence. Il s’agit d’informer les victimes potentielles, leurs proches quant aux causes de la violence, à leurs droits, aux possibilités de soutien et de protection. En ratifiant la Convention d’Istanbul, la Suisse s’est engagée à conduire de telles campagnes. La Confédération mise d’ailleurs sur la prévention dans bien d’autres domaines pour le sida ou les accidents de la route. Elle a une forte expérience.
Toutefois la Confédération peut faire mieux. Le budget prévu pour cette campagne s’élève à 1,5 millions sur trois ans. C’est maigre. Nous allons continuer de nous mobiliser pour que Berne ouvre davantage les cordons de sa bourse. Nos efforts doivent porter sur les personnes les plus vulnérables : les personnes âgées et les enfants qui sont aussi des victimes de la violence domestique. Et se préoccuper des auteurs, pour les empêcher de récidiver.
Cette campagne est un premier pas important. D’autres mesures sont indispensables. Je maintiendrai la pression pour que soient traduits dans les faits mon initiative parlementaire « Qui frappe, part », largement adoptée par le Parlement, l’instauration du bracelet électronique avec une surveillance active 24h/24, un numéro d’urgence au niveau national et l’inscription de la notion de contrôle coercitif dans notre législation.La violence n’a pas sa place dans un Etat de droit.
Sa prévention doit devenir une priorité nationale.
Jacqueline de Quattro
Conseillère nationale