Halte au tourisme médical !
Article paru dans 24 Heures le 25.06.2026La réintroduction des visas pour les Géorgiens serait un signal fort et découragerait les abus. Nous ne pouvons pas tolérer que des requérants qui n’ont pas droit à l’asile viennent se faire soigner chez nous aux frais du contribuable alors que les primes maladie ne cessent d’augmenter.
Des requérants géorgiens continuent d’abuser de notre système santé sans aucun scrupule. Ils déposent des demandes d’asile pour obtenir des traitements médicaux gratuits alors qu’ils savent pertinemment que leur requête n’a aucune chance d’aboutir. Le canton de Vaud est particulièrement touché par ces abus. Ce tourisme médical est inadmissible et doit être stoppé immédiatement.
Dès que les requérants sont enregistrés dans un centre d’asile pays, ils sont automatiquement assurés. Que leur demande soit abusive et finalement refusée ne change rien ; entre temps ils ont reçu le traitement désiré, souvent pour des montants considérables. Une situation qui a poussé l’organe de surveillance financière de la Confédération à enquêter.
L’audit du Contrôle fédéral des finances confirme des coûts médicaux très supérieurs à la moyenne pour les requérants géorgiens. Entre 2022 et 2025, 26 Géorgiens ont été pris en charge par le SEM pour des traitements lourds. Parmi eux, 17 cas ont bénéficié d’un soutien financier du SEM pour 2,5 millions. Un cas a coûté à lui seul 1,37 million. Aux contribuables suisses !
A plusieurs reprises, j’ai alerté le Conseil fédéral sur ces excès. En vain. Le gouvernement renvoie à sa future stratégie sur l’asile 2027. D’ici là, il ne se passe rien. En attendant, la situation ne fait qu’empirer. Il faut y mettre un terme. Des solutions existent.
L’Union européenne a réagi. Elle prévoit la suspension de l’exemption de visa, notamment en cas d’une hausse des demandes d’asile mal fondées ou de manque de coopération du pays de provenance. Car les pays de l’UE connaissent les mêmes profiteurs.
Aujourd’hui les ressortissants géorgiens titulaires d’un passeport biométrique de moins de 10 ans sont exemptés de visa de court séjour pour se rendre dans l’espace Schengen. Ils peuvent ainsi séjourner librement dans notre pays jusqu’à 90 jours sur une période de 180 jours.
J’ai donc chargé le Conseil fédéral d’intervenir auprès de la Commission européenne pour demander la réintroduction de l’obligation de visa pour les ressortissants géorgiens en Suisse aussi. En effet, leur pays ne fait aucun effort pour freiner les requêtes d’asile abusives liées au tourisme médical. Bien au contraire : une filière s’est établie.
Si la Suisse ne réagit pas, elle va devenir de plus en plus attractive et le tourisme médical va encore progresser. En abusant de notre système, ces requérants discréditent notre politique d’asile et pénalisent tous ceux qui ont un besoin réel d’aide. Tout en coûtant un maximum à notre pays.
Jacqueline de Quattro
Conseillère nationale PLR