Pas plus d’économies sur le dos de nos PME
Article paru dans le Journal de l'USAM le 27.04.2026On demande aux entreprises et à la population de se serrer la ceinture. Qu’en est-il de l’Etat ? Il doit montrer l’exemple. Car l’heure est aux économies. Le Parlement vient d’approuver le programme d’allègements budgétaire 2027. Après des discussions acharnées, on a économisé 5,2 milliards. Mais 8.5 milliards étaient l’objectif. Rien n’est donc réglé. Ces coupes sont encore insuffisantes pour l’équilibre des finances fédérales.
D’autant plus que l’environnement économique est fragilisé. La géopolitique dicte sa loi aux marchés. La liste des crises se rallonge chaque semaine : guerre entre les Etats-Unis, Israël et l’Iran, persistance du conflit en Ukraine, tensions sur les routes maritimes et remontée des prix de l’énergie ainsi que le réaménagement de la politique douanière américaine. Sans oublier le franc fort.
Un contexte international dangereux et volatile, qui pèse à la fois sur la prospérité, l’inflation, l’emploi et qui entraîne de graves répercussions pour nos entreprises. Malgré ce climat d’instabilité, les dépenses de la Confédération ne cessent de grimper : plus de 3 % par an. De plus, il va falloir financer la 13ème rente de l’AVS et les investissements indispensables pour notre défense.
S’il est essentiel de respecter la volonté populaire en assurant le financement de d’AVS et de donner à notre armée les moyens nécessaires pour préserver notre souveraineté, il est tout aussi important de maintenir une croissance forte et des finances publique saines. Toutefois le remède ne passe pas par une augmentation d’impôts, comme le réclament certains milieux. Ce serait une décision lourde de conséquences que d’infliger de nouvelles taxes aux entreprises et à la population.
Les expériences de la France ou de l’Allemagne prouvent, que des impôts élevés, des cotisations sociales en hausse, un endettement croissant et des prix qui prennent l’ascenseur ont affaibli leurs places économiques et plongé leur pays dans l’incertitude. Un scénario que la Suisse doit éviter.
Car nos entreprises sont déjà pressurisées de toute part. Dans de telles conditions, il leur serait difficile de répercuter l’intégralité de toute nouvelle taxe ou d’impôt sur les prix. Ce qui occasionnerait une baisse de la demande, avec pour résultat des marges diminuées. Le pouvoir d’achat de la classe moyenne serait également pénalisé. Les fiches de paie sont déjà grignotées par une charge fiscale toujours plus grande. Les hausses d’impôts ou nouvelle taxe comportent plus de risques économiques et politiques -toute majoration de la TVA est soumise au référendum – qu’un ajustement des dépenses.
La solution la plus efficace est de fixer des priorités budgétaires. Il faut mettre de l’ordre dans les finances fédérales. Comme les entreprises et les particuliers, l’Etat doit rembourser ses investissements et sa dette.
Surtout qu’il y a une marge de manœuvre pour réaliser des économies. Le rapport d’experts de la Confédération estime le potentiel d’allègement à 5 milliards par an. Il s’agit de trouver des équilibres, de mettre en œuvre des solutions basées sur des compromis pragmatiques et économiquement supportables. Sortir des guéguerres d’influence où chaque groupe d’intérêt veut bien économiser mais surtout pas chez lui.
Des options existent. Certaines subventions doivent être revues à la baisse, notamment dans le domaine social dont les dépenses explosent depuis des décennies. Les coûts du personnel doivent être stabilisés. Il est aussi possible d’envisager la mobilisation ponctuelle de capital, comme une vente partielle de Swisscom ou la privatisation de PostFinance. Voire une affectation ciblée des distributions supplémentaires de la BNS. Aucune piste ne doit être négligée.
Certes, ces mesures demandent du courage. Il en faudra, si nous voulons avancer. La prochaine bataille budgétaire se déroulera au Parlement en décembre. Elle ne doit pas se faire au détriment de ceux qui font marcher l’économie et qui assument leurs responsabilités.
Il est temps de se réveiller. Il en va de notre prospérité.
Jacqueline de Quattro
Conseillère nationale PLR